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Du 17 septembre au 22 novembre 2003, du mercredi au samedi de 14h à 21h et sur rendez-vous.
Vernissage en deux mi-temps en présence de l'artiste : le lundi 15 septembre de 18h à 21h et le mardi 16 septembre de 14h à 21h.
Au milieu d'un temps. Photographies 1993-2002
Mon travail photographique est fondé sur un travail de mémoire, d’observation et de réflexion prenant en charge archétypes et réalité, ce projet reste ainsi à la recherche du poétique, totalement ouvert et pluriel. Cette “archéologie photographique” a pour but essentiel de comprendre l’Autre, dans la perspective de réaliser un travail d’homme, un travail de conscience humaine. Les photographies sont prises en Amérique et en Europe, au coeur de l’urbanité, là où l’on peut découvrir et explorer les multiples couches de l’activité humaine, réelles et imaginaires.
Cette exposition est une synthèse de mes différentes productions depuis Vertige Vestige, en passant par Parfum de lumière, Europa et Liquid Path. Depuis 1993 avec Vertige Vestige, mon oeuvre est un lent cheminement vers une esthétique de l’invisible, de l’indicible, du poétique. Paradoxalement, cette dimension poétique se charge de documenter mes “fouilles photographiques” alors que la séquence narrative relate le parcours intérieur, ses états, parfums, écumes, empreintes. Le silence des émotions et des sensations se mélange aux palimpsestes du social, de l’organique, de l’architectural.
La photographie en tant qu’objet imprimé par la lumière, par définition, est déjà de l’ordre du passé, un événement a été “saisi”. Alors que toute lecture ou compréhension se situe en aval, dans son “futur”... Dans cette perspective, nous comprenons que le passé est ainsi renouvelé, neuf au regard du spectateur... Mes photographies superposent différents plans, espaces, temps, elles deviennent donc le lieu de projection du hasard convoqué et de découverte poétique répétée pour le lecteur. Ainsi la rencontre du spectateur avec l’oeuvre crée de nouveaux sens qui nous permettent d’affirmer “C’est arrivé demain”. Sera également présenté mon premier court-métrage d’animation Parfum de Lumière, 2002 produit par Marcel Jean au Studio Animation et Jeunesse de l’Office National du Film.
En traçant le portrait d’une ville, Hong Kong, j’explore l’opposition Orient Occident mais aussi les différences entre image photo et image cinéma, ainsi que les limites entre l’intériorité et l’extériorité.
“Depuis les profondeurs noires comme celles d’une eau dormante jusqu’aux embrasements des blancs devenus aussi nerveux et vibrants qu’une électricité, les images de Serge Clément existent selon une vérité poétique qui s’étend et se meut parallèlement à la réalité reconnue, sage et conventionnelle. En elles se démontre cette vérité que Nietzsche nous enseigne : qu’en art le mensonge devient positif et qu’on ne peut que passer par lui pour toucher au vrai. Méditons cela : que cette démonstration est faite dans et par la photographie, si souvent accusée d’être coincée dans une objectivité prosaïque et sans écho. Chez Serge Clément l’art de la lumière s’ouvre tel un immense espace de poésie et de transfiguration où les choses et les êtres simples du monde viennent éclore comme des apparitions mystérieuses et vivre comme des présences obsédantes.
 

À la fois vitre translucide et miroir habité, cet ovale d’un blanc laiteux pourrait symboliser la photographie qui à la fois accueille et transfigure et qui, lorsqu’elle assume le cadre précis de l’art, sait faire passer les choses et les êtres de l’apparition à la présence.”
Jean Claude Lemagny, paru dans CV Photo, septembre 1996