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Du 11 au 28 septembre 2002, du mercredi au samedi de 14h à 19h et sur rendez-vous.
Vernissage le mardi 10 septembre 2002, de 18h à 21h, en présence du photographe.
Mexico y Nuevo Mexico, 1965-1985
Vivre un pays à plein temps en le photographiant, c’est différent de juste y passer... Ce qui fait le lieu, son caractère, rentre petit à petit en vous. Mon destin m’a mis pendant de nombreuses années entre le Mexique de toujours et le Nouveau-Mexique, New Mexico comme on dit en “gringo”, aux États-Unis, au nord de la frontière.
En 1965 et 1966, ce fut le voyage initiatique mexicain, qui m’emmena jusque dans la jungle du Chiopas, chez les indiens Lacandons. Puis je retournais au Mexique en 1970, en 1973 et enfin en 1981 : cette fois-là, je venais de “New Mexico”, où je m’étais installé plusieurs années, d’abord sur les hauts plateaux de Taos à 2200 mètres d’altitude, puis au sud de Santa Fe... J’y passais 8 ans... Et ces allers-retours entre le nord et le sud du Rio Grande pendant 20 ans, de 1965 à 1985 exactement, ont nourri mon univers photographique, c’est-à-dire ma vie : en voici quelques images vécues sur place.
Bernard Plossu
 
Mise en liberté
[...] N’importe quelle photo de Plossu, surtout celles-ci qui sont les premières qu’il ait prises dans sa vie, témoignent de ce courant d’air doux, du vol heureux et habile du réel auquel il se livre pour nous [...]. 
[...] En matière de photographie, qu’est-ce que c’est que cette liberté-là qui fait, qui veut, qui permet qu’un savoir et qu’une esthétique soient spontanés? L’enjeu contenu dans une telle interrogation est extrême, parce qu’il est bien sûr qu’un Robert Frank est tout de suite “Robert Frank”, qu’un Manuel Alvarez Bravoest d’emblée “Manuel Alvarez Bravo” et que c’est pareil pour Bernard Plossu qui dès ses premiers contacts – et une vingtaine de planches de contacts, guère plus semble-t-il et cela sur une période de vagabondage à travers le Mexique de près d’un an et demi – dès ses premières prises, ses premières poses, cadrages classiques ou pseudo-balayages ultra-rapides, dès ses premiers flous, dès ses premiers portraits, révèle, comme si de rien n’était, qu’il est “Bernard Plossu”. Interrogation fascinante pour un écrivain, ou un peintre, ou quelqu’autre sorte d’artiste que ce soit, que cette immédiateté de la coïncidence entre l’intention et l’oeuvre d’art, entre le comportement et l’esthétique, entre l’ingénuité et la morale, coïncidence presque éprouvante si elle n’était en même temps aussi extraordinairement merveilleuse et qui n’est que le point d’émergence, derassemblement du mot liberté. [...]

Avant-propos de Denis Roche, 27 janvier 1979, extrait du livre Le voyage Mexicain 1965-1966, éd. Contrejour.