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Du 15 mai au 13 juillet 2002, du mercredi au samedi de 18h à 21h et sur rendez-vous.
Vernissage le mardi 14 mai 2002, de 18h à 21h, en présence des photographes.
Lauréats 2001 de la Fondation CCF pour la Photohraphie
Franck Christen - Jo Lansley & Helen Bendon

Franck Christen
 
Franck Christen semble touché par la grâce, comme si les fées de la photographie s'étaient penchées sur son berceau.
Si l'on en juge par les images réunies ici, voilà quelqu'un qui, à l'évidence et malgré son jeune âge, a déjà développé une signature visuelle tout en s'inscrivant dans une tradition où se retrouvent quelques grands maîtres comme August Sander ou Hugo Erfurth. Qu'il s'agisse de portraits, de natures mortes ou encore de paysages, ses photographies sont immédiatement identifiables comme lui appartenant. Toutes sont porteuses d'une même élégance, d'un même dépouillement raffiné où tout ramène à l'essentiel, sans bruit ni fureur.
Classique, hors mode, Franck Christen ne court après aucune chimère, n'écoute aucune sirène mais reste fidèle à sa vision des choses pour composer des images qui viendront enrichir son propos.
C'est sans le moindre artifice qu'il aborde le portrait, dans la simplicité de la lumière et du décor naturels. Lorsque nous reconnaissons l'un ou l'autre de ses modèles, nous le retrouvons bien au-delà de la figuration des traits. Une moue, un sourire, un regard ou une attitude nous le rendent familier.
Et que l'on ne s'y trompe pas : cette impression de douceur et d'harmonie suppose de la part de l'auteur une prise de risques et une remise en question permanentes de sa pratique.
 
 
 
 
Jo Lansley & Helen Bendon
 
Bien qu'ancrées dans le quotidien le plus intime, les photographies et les vidéos des Anglaises Jo Lansley & Helen Bendon entraînent le spectateur dans un univers onirique plutôt inquiétant. Est-ce parce que les images refusent presque obstinément de nous montrer clairement des visages, préférant souvent s'attarder sur les pieds et les jambes des deux jeunes femmes?
On le sait, le fantastique prend volontiers sa source dans la banalité.
Nous sommes assurément dans le champ de la photographie plasticienne, de la mise en scène, d'une reconstruction du réel, dans une sphère où les références s'avèrent au moins autant littéraires, picturales ou cinématographiques que strictement photographiques.
Ce n'est pas tant ce qui est montré ici qui suscite l'intérêt, mais le non-dit, les histoires sous-jacentes à ces "tranches de vie" à la fois anodines et légèrement décalées, où l'absurde se teinte volontiers de cruauté. Ces images sont autant de promesses de secrets que l'on aimerait percer, de mystères insondables.
Lorsqu'elles puisent dans leurs souvenirs d'enfance, elles nous rappellent que cet âge n'est pas plus celui de l'innocence que celui de l'angélisme. Voilà deux adultes qui interrogent leurs tendres années, concientes du fait qu'elles n'en donneront pas forcément l'image la plus attendue. Mais peut-être sont-elles ainsi plus proches de la vérité...
Qui sont donc ces femmes, à quoi jouent-elles, à quels rituels pervers en même temps qu'innocents se livrent-elles dans leurs tenues de collégiennes trop sages pour être honnêtes?
Avares de commentaires ou de déclarations d'intentions, elles nous laissent seuls et seules face à ce qu'elles dévoilent. Mais surtout à ce qu'elles cachent.
 
Alain D'Hooghe
Conseiller artistique 2001 de la Fondation CCF pour la Photographie