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Du 18 janvier au 12 avril 2014 du mercredi au samedi de 14h à 19h
et sur rendez-vous en dehors de ces horaires.

Bernard Plossu
De l'Atlantique à la Méditerranée / Du Portugal à la Grèce

 

De retour en Europe en 1985, cette vieille Europe un peu oubliée, là-bas sur les hauts plateaux du Mexique Nouveau des gringos. Envie de tout voir pour mieux comprendre les racines. Mais le sud, puisqu’il s’agit de cela, ce n’est pas que la Méditerranée ! Ceci dit, les îles grecques, cliché absolu du sud, au risque de dire une chose tant dite, c’est vraiment la dimension du paradis ! Invités en Grèce plusieurs fois, Françoise et moi, d’Athènes à Thessalonique aux îles du Dodécanèse, on découvre. C’est déjà l’Orient. La lumière y est tranchante, vive, blanche même parfois quand le soleil est trop fort. Et le bateau vogue d’île en île, avant la saison estivale : quels merveilleux paysages, quels moments paisibles, quelle bonne nourriture ! Plein de photos, avec toujours le sobre 50mm sur le vieux Nikkormat.

De l’autre côté du sud, c’est l’océan Atlantique, celui qui va jusqu’aux Amériques. Sur ce versant européen portugais, il règne une poésie faite de brume, de nuages, de la gentillesse des gens, des signes encore du passé. Ce n’est pas par hasard que j’ai appelé mon livre sur le Portugal O pais de poesia, «Le pays de la poésie»... Il se dégage de l’ambiance et de la lumière quelque chose de différent : la lenteur du temps, loin du bruit méditerranéen... Et pourtant, même si il y a de la brume, on n’est pas dans les pays nordiques comme l’ Angleterre ou la Normandie, c’est autre chose, c’est presque déjà un livre en main dont les pages tournent en douceur... Porto, Coimbra, Braga et Lisbonne, et tout le temps sur la route, à nouveau.

Avec le Portugal et la Grèce, on est vraiment dans deux mondes. Même si les grandes villes poussent pareillement ! Même si les autoroutes arrivent, même si le présent rattrape tout...L’idée de réunir les images de ces deux pays extrêmes du sud européen est apparue sans motivation profonde, ni raison précise : et c’est précisément cela qui fait que l’idée a germé : cette non-raison cartésienne, cette manière de peut-être juste les réunir pour le plaisir, visuellement comme dans la vie... Et le fado ne me contredira pas, si différent du bouzouki et des pas de danses effrénées, et pourtant, et pourtant, les deux musiques, grecque de chants lancinants, et portugaise de chants qui semblent tristes, ne parlent-elles pas exactement de la même chose ? Bien-sûr !

Bernard Plossu, 2013