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Du 11 septembre au 20 novembre 2010, du mercredi au samedi de 14h à 19h et sur rendez-vous en dehors de ces horaires. Entrée libre.

Bernard Plossu
Then and now : l'Ouest américain (1970-1985)

 

L’exposition Then and now : l’Ouest américain (1970-1985) de Bernard Plossu est un fil du temps, un road-movie en 100 photographies (NB et Fresson) qui parcourt l’Amérique de l’Ouest en passant par le Mexique. C’est le film image par image des paysages, des villes, des femmes que Bernard Plossu signe discrètement pour les inscrire dans son oeuvre.
 
Notre choix s’est élaboré autour d’un pays (aux origines de l’oeuvre) mais surtout sur un ensemble de photographies qui mettent en lumière le scénario écrit avec Bernard Plossu pour mettre en scène non pas un sujet mais une manière, une écriture, un style.
 
Bernard Plossu est né au Vietnam en 1945, nourri de la contre-culture américaine et de l’esthétique de la Nouvelle Vague, Bernard Plossu souhaitait au milieu des années 50 devenir cinéaste. Ce cinéphile averti et passionné sera dans les années 1960 photographe. De 1960 à 1965, il fréquente la Cinémathèque où il voit les classiques de Dreyer, Bergman, Buñuel, Eisenstein, Bresson et bien sûr Truffaut, Godard, Jessua. 
 
Il s’intéresse également au néoréalisme italien et au western. Il apprend l’image à travers le cinéma. C’est en photographe atypique, inclassable qu’il trace ainsi depuis le début des années 1960 son parcours en solitaire, en marge du reportage, de la photographie plasticienne et des modes, « pour être, nous dit-il, de plain pied avec le monde et ce qui se passe.» Pour ce cinéaste de l’instant donné, photographe du
mouvement, la photographie est le moyen d’arrimer la pensée à une connaissance personnelle et physique du monde. Rencontres fortuites, stratégies furtives et rapides des sentiments… Bernard Plossu nous montre à quel point on saisit le monde à travers le corps et le corps à travers le monde.
 
À partir de 1987 et durant une quinzaine d’années, il parcourt à pied les étendues désertiques du sud de l’Espagne et l’Ouest américain. La rencontre avec ce nouveau « jardin de poussière» prolonge ses expéditions précédentes dans les déserts américains et du Sahara. Le vide, le silence nourri de clarté et d’errances fécondes, la solitude, la confrontation aux rythmes extrêmes de la nature relèvent du voyage initiatique qu’il filme et photographie comme une symphonie naturelle.
 

Bernard Plossu a tracé sa propre voie, construit sa propre grammaire photographique, fidèle à ses premières amours, refusant l’anecdote du vécu et le totalitarisme des inventaires. La photographie devient l’index de quelque chose de proche et d’ouvert à la fois, d’intime et d’impersonnel se faisant militante d’une démocratie sensorielle, où l’homme, la matière, le culturel et l’organique se juxtaposent.