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Du 20 septembre au 22 novembre 2008, du mercredi au samedi de 14h à 19h et sur rendez-vous.
Vernissage le samedi 20 septembre 2008, de 14h à 21h, vernissage en présence du photographe.
Rip Hopkins
Viewpoint

2007 Jacquemart-André (France) · 2006 Transylvanie (Roumanie) ·
2005 Essais (France) · 2003 Riga circus (Lettonie) · 2000 Strange
days (Tchéquie) · 1999 Outdoor outlaws (Irlande) · 1999 Les folies
de l’Évêque (Grèce) · 1998 Dallas (Roumanie)
Viewpoint. Rip Hopkins semble de prime abord « inclassable », échappe aux catégories artistiques habituelles, et surprend par lʼhétérogénéité de son parcours comme de ses images. Reporter, à la fin des années 1990, au sud Soudan, à Madagascar, en Amazonie, au Timor Oriental ou au Libéria (entre autres destinations), on le retrouve plus tard dans un invraisemblable et terrible hôpital psychiatrique grec, en Ouzbékistan auprès de populations « déplacées » par lʼhistoire soviétique, dans un cirque à Riga, au Musée dʼOrsay, sur les quais de trains de banlieue parisienne ou flirtant avec le milieu de la mode... ! Son approche et sa technique ont aussi beaucoup varié, passant du panoramique au moyen format, du noir et blanc à la couleur, dʼune photographie prise sur le vif à des compositions minutieusement mises en scène et influencées par le dessin et la peinture classique. Style que le photographe adopte maintenant depuis le début des années 2000.
 
Cette errance personnelle résonne avec celle(s) des individus quʼil photographie la plupart du temps : tziganes, artistes de cirque, « outlaws » irlandais, migrants, « déplacés », marginaux, enfants soldats, groupes tragiquement frappés par la guerre… Si lʼimage est fixe chez Rip Hopkins (quoique lʼartiste ait signé aussi quelques films documentaires), lʼidentité de ses sujets y est quant à elle mouvante, en devenir, « hors norme », déterritorialisée, toujours en quête dʼelle-même. Pour tenter dʼen saisir la multiplicité et les écarts, Rip Hopkins réinvestit le genre du portrait : portraits dʼindividus singuliers, mais aussi, à travers la trame dʼune série, portraits dʼune communauté, dʼune micro-société, voire dʼune ville ou dʼune région entière. À la frontière du documentaire et de la fiction, du réalisme et du point de vue subjectif, Rip Hopkins entremêle subtilement le témoignage à des préoccupations dʼordre plastique (lumières, couleurs, lignes, mise en résonance de motifs), sans se priver de quelques détours du côté de lʼhumour ou de lʼincongru. Chacune de ses images devient alors une combinaison de significations sociales et de perceptions esthétiques, à la recherche dʼun fragile et difficile
équilibre entre lʼeffacement devant le réel et sa mise en perspective et en formes. Photographier relève ici, aux sens artistique et humain, dʼune rencontre.
Jean-Emmanuel Denave, in Identité(s), éditions Silvana Editoriale, Milan, 2008.
 
Né en Angleterre en 1972, Rip Hopkins est toujours à la recherche de nouveaux terrains dʼexpérimentation. Dès ses études à lʼÉcole nationale supérieure de Création industrielle de Paris, il se consacre à la photographie et aux films documentaires avec Médecins sans frontières. Pendant plus de dix ans, il va sʼintéresser aux populations en danger et aux personnes en marge de la société à travers le monde. À la frontière entre photographie documentaire et expression artistique, son travail est abondamment exposé et publié. Ainsi, il dit avoir « choisi dʼévoluer dans le domaine artistique tout en révélant une approche documentaire sur des contextes réels. » Aujourdʼhui, Rip Hopkins sʼest mis en quête de nouveaux espaces dʼexpression tout près de lui. Les images quʼil crée donnent une vision peu banale de notre société. Il se concentre avec une grande finesse sur la pratique de la couleur et passe avec une totale liberté du paysage à la mise en scène ou au portrait. Tout
en répondant à des commandes pour la presse, les institutions, la publicité, il développe des projets personnels explorant toujours les limites, les possibles, les surprises de la photographie. Son travail figure dans des collections publiques et privées internationales. Rip Hopkins est membre de lʼAgence Vu et représenté par la galerie Le Réverbère à Lyon.

Remerciements : Centre Atlantique de la Photographie, Ville de la Rochelle, Rémy Le Gall.