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 Du 30 avril au 26 juillet 2008 et du 3 au 13 septembre 2008, du mercredi au samedi de 14h à 19h et sur rendez-vous. Vernissage le mardi 29 avril 2008, de 18h à 21h, vernissage en présence de la photographe.

Beatrix von Conta
Une exposition en deux temps deux mouvements
Le paysage commence sous mes pieds. Invisible. Minuscules surfaces dont la ferme résistance assure et consolide lʼappui du regard, favorise son envolée légère. Photographier le paysage est une affaire vertigineuse qui saisit le corps entier, aiguise les sens,
remplit à la fois de bonheur et dʼeffroi. 
 
Lʼexpérience du paysage, vécue souvent comme un loisir sans conséquences, glisse vers une aventure inattendue dès que lʼon accepte que derrière les apparences du visible se tapissent les ombres de la civilisation et les peurs enfouies de lʼenfance. Le paysage pousse sur le terreau fertile de notre imaginaire.
 
Dʼune épaisseur insoupçonnée, il ne se résume point à la somme de ses ingrédients descriptibles et quantifiables. Il résiste aux définitions habiles qui séparent le paysage urbain du paysage tout court. Il nous échappe et nous renvoie à notre perception imparfaite,
sélective, fugitive. Tout paysage est extrêmement vivant, mais nous ignorons son langage.
 
Face à cette belle inconnue, lʼattention se révèle impérative, rien ne sera qualifié dʼanodin, chaque détail aura son importance et sa raison dʼêtre. Le loup risque de revêtir la douceur de lʼagneau. Lʼapparence des choses nʼest jamais que la face visible de lʼiceberg et toute navigation dans ce paysage mouvant à facettes multiples se fera forcément à vue, à la lumière de lʼimpromptu.
 
Le sujet, finalement, importe peu. Entre le flanc escarpé dʼune montagne, la frontalité dʼun mur en béton, la vibration dʼun champ dʼoliviers, aucune hiérarchie ne sʼimpose. Je regarde, jʼattends, et selon une alchimie étrange sʼétablissent les points de vue, sʼorganisent les éléments, sʼaffinent les concepts. Souvent au radar, jamais au hasard. Dans chaque ensemble dʼimages, jʼexplore ainsi au plus près et aussi loin que je peux la matière dʼune réalité infinie. Séries closes, avec un début et une fin, un titre, une date. Autant de tentatives vaines mais toujours recommencées de cerner les paysages sous la surface, à lʼaplomb de mon embarcation photographique.
 
Miroirs aux alouettes, 2004-2005
Dans cette série de 17 photographies couleur argentiques, se «joue» le détournement de la notion du cliché et de la carte postale par le biais dʼun dispositif de petits miroirs qui évoque – et provoque – la fragmentation du paysage et de sa réalité visible en de multiples «trompe-lʼoeil». Une pure fiction de vraies images interrogeant la fonction et la perception convenue de ce qui incarne dʼune façon réductrice et stéréotypée lʼimage dʼune région : La Provence.
 
coupures/reprises, 2007
Travail sur le thème de la «frontière», réalisé dans le cadre dʼune résidence à lʼoccasion de la quatrième édition des Photaumnales de Beauvais, la création de coupures/reprises est constituée dʼune accumulation de fragments qui crée une vision stratifiée de lʼespace urbain et questionne le territoire géographique, mais aussi ses limites imaginaires, celles projetées par la photographe sur les espaces, ainsi que les frontières invisibles et métaphoriques que révèle la photographie.
coupures/reprises est paru aux éditions Créaphis avec un texte de Jean-Pierre Nouhaud
 
Images de Vanoise - Paysages à l’heure du jour, 2006-2008
Photographies couleur prises au cours de 2 ans de traversées du plus ancien parc national de France, elles relèvent les signes infimes ou marquants de sa mutation et de sa fragilité évidente. Elles questionnent avec une distance critique ces espaces dʼune extraordinaire variété paysagère. 
 
Réalisées dans le cadre de lʼObservatoire photographique des paysages de Vanoise, mis en place par le Parc National de la Vanoise afin de témoigner de lʼévolution des paysages contemporains, ces images font partie dʼun fonds de séries photographiques qui seront
réactualisées, périodiquement, selon des intervalles pouvant aller de la saison au siècle, à partir du même point de vue.

Beatrix von Conta, février 2008